Présent dans 105 pays et coté à la Bourse de Casablanca, HPS accélère sur les paiements digitaux. Abdeslam Alaoui Smaili assume une trajectoire où l’Afrique pèse encore 40 % des revenus, mais où la croissance attendue vient davantage d’Asie-Pacifique et d’Amérique du Nord 🔎.
Le cap revendiqué : couvrir toute la chaîne de paiements, des cartes aux transferts compte à compte, tout en se positionnant sur des usages émergents comme les stablecoins et la tokenisation d’actifs 💳.
HPS et Abdeslam Alaoui Smaili : pourquoi « la contribution de l’Afrique à nos revenus est en déclin »
La formule ne vise pas un désengagement, mais un rééquilibrage. Historiquement, HPS s’est construit avec une base africaine solide, alimentée par la modernisation des banques et la montée des infrastructures monétiques.
Le mouvement décrit s’explique par un effet de vitesse : sur plusieurs segments, l’Afrique progresse, mais d’autres zones avancent plus vite, avec des budgets IT plus élevés et des cycles de déploiement plus courts 🚀. Résultat : le poids relatif du continent recule, même si l’activité continue d’y croître.
Une scène concrète à Kigali : l’Africa CEO Forum comme point de bascule
À Kigali, en marge de l’Africa CEO Forum (14-15 mai), le discours se structure autour d’un enjeu opérationnel : comment rester au centre des flux de paiement quand les rails se multiplient ? Les réseaux cartes restent majeurs, mais les transferts compte à compte gagnent du terrain via l’instantanéité et les API.
Dans les couloirs, une banque commerciale d’Afrique de l’Est — appelons-la Umuryango Bank — illustre le dilemme. Elle doit maintenir la carte pour la grande distribution, tout en industrialisant l’A2A pour les factures et les salaires. Ce type de double chantier tire les éditeurs vers des plateformes plus complètes. Insight final : la compétition se joue sur l’orchestration, pas sur un seul produit.
Pour situer le contexte du secteur, voici un point vidéo qui revient souvent dans les échanges sur la place du cash en Afrique.
La stratégie HPS : couvrir toute la chaîne de paiements, des cartes aux stablecoins
Abdeslam Alaoui Smaili résume l’objectif en une ligne : couvrir toute la chaîne de paiements. Dans les faits, cela renvoie à une plateforme capable d’absorber plusieurs instruments (carte, virement, wallet, A2A) et plusieurs exigences (fraude, conformité, reporting).
Le terrain a changé. Les établissements veulent réduire la fragmentation : moins d’outils séparés, plus de briques compatibles, et des mises en production plus rapides ⏱️. Insight final : la valeur se déplace vers la capacité à connecter des rails hétérogènes sans casser l’expérience client.
Stablecoins et tokenisation : un pari sur les nouveaux rails de paiement
HPS veut se positionner sur les usages liés aux stablecoins et à la tokenisation d’actifs. La tokenisation consiste à numériser des droits sur un actif via la blockchain pour faciliter circulation, traçabilité et gestion.
Exemple d’usage : une société d’import-export fictive, Atlas Trading, règle des fournisseurs en plusieurs devises. Si une partie des règlements passe via un stablecoin adossé à une monnaie forte, l’enjeu devient l’intégration au système comptable, la gestion des contrôles et la piste d’audit. Ce n’est pas la “crypto” comme symbole, mais un rail supplémentaire à intégrer proprement ✅. Insight final : l’adoption dépendra de la conformité et de l’interopérabilité, pas du marketing.
Une autre grille de lecture utile consiste à suivre les débats sur tokenisation, stablecoins et paiements transfrontaliers.
Revenus HPS : l’Afrique à 40 %, objectif 300 millions de dollars et diversification géographique
Le groupe indique que l’Afrique représente 40 % de son revenu global. Le signal envoyé au marché est clair : la croissance visée doit venir davantage d’Asie-Pacifique et d’Amérique du Nord, afin de lisser l’exposition à un seul continent 🌍.
L’objectif affiché est de viser 300 millions de dollars de revenus d’ici 2027. Ce type de trajectoire suppose une montée en puissance commerciale, mais aussi une capacité à livrer des projets complexes avec des standards de sécurité et de conformité plus exigeants selon les juridictions. Insight final : la diversification sert autant la croissance que la résilience.
Ce que la diversification change pour les banques clientes
Quand un éditeur se déploie sur plusieurs régions, les clients y gagnent souvent une meilleure couverture fonctionnelle : multi-devises, exigences anti-fraude renforcées, et support de normes locales. En contrepartie, les cycles de décision peuvent être plus longs, avec davantage d’audits et de tests.
Cas d’école : une fintech canadienne qui connecte des commerçants à des acquéreurs demande des SLA stricts et des rapports détaillés. Ce niveau d’exigence “remonte” ensuite dans la roadmap et peut profiter à des banques africaines qui modernisent leurs plateformes. Insight final : la croissance hors Afrique peut rejaillir sur l’offre déployée en Afrique, via l’industrialisation.
| Indicateur 📌 | Valeur / cap annoncé 📊 | Implication opérationnelle ⚙️ |
|---|---|---|
| Présence pays 🌍 | 105 | Support multi-réglementations, déploiements plus standardisés |
| Poids de l’Afrique 🌍 | 40 % des revenus | Base historique solide, mais poids relatif en baisse |
| Axes de croissance 📈 | Asie-Pacifique & Amérique du Nord | Accès à des budgets plus élevés, concurrence plus dense |
| Objectif de revenus 🎯 | 300 M$ d’ici 2027 | Nécessite accélération commerciale et exécution projet |
| Thèmes produits 💳 | Cartes, A2A, stablecoins, tokenisation | Orchestration de rails multiples + conformité renforcée |
Paiements électroniques en Afrique : le cash recule, mais la transformation reste inégale
Sur le continent, la progression du paiement électronique se heurte à une réalité : le cash reste dominant dans de nombreux usages du quotidien, ce qui ralentit la massification des outils digitaux. Les autorités poussent l’interopérabilité et la traçabilité, mais l’exécution varie selon les pays.
Une enseigne de distribution fictive à Dakar, Marché Suna, illustre ce frein. Les paiements mobiles augmentent, mais la caisse doit gérer un mix : espèces, carte, wallet, parfois virement instantané. Pour les fournisseurs, la priorité reste la certitude de règlement. Insight final : tant que l’écosystème n’est pas homogène, la valeur se situe dans la capacité à gérer le mix des moyens de paiement sans friction.
Priorités concrètes pour réduire la dépendance au cash
Les discussions terrain reviennent souvent aux mêmes leviers, car ils conditionnent l’adoption côté commerçants et consommateurs. Les projets qui réussissent s’appuient sur des gains simples : rapidité, coût, sécurité, et recours en cas d’incident 🔐.
- 💡 Interoperabilité entre banques, wallets et opérateurs pour éviter des “silos” par réseau
- 🧾 Traçabilité et reçus numériques pour limiter les litiges et simplifier la comptabilité
- ⚡ Instantanéité sur les transferts compte à compte pour salaires, factures et e-commerce
- 🛡️ Lutte anti-fraude intégrée, avec scoring et alertes temps réel
- 🏪 Équipement commerçant et formation caisse, pour réduire les abandons au moment du paiement
HPS coté à Casablanca : exécution, acquisitions et enjeu de plateforme mondiale
Le groupe, construit sur plus de trois décennies, met en avant une expansion progressive, avec des bureaux ouverts hors du Maroc et une logique d’acquisitions au fil du temps. Cette trajectoire sert un objectif : peser face aux grands éditeurs mondiaux, sans renoncer à l’ancrage initial.
Sur les marchés matures, la bataille se joue sur la capacité à s’intégrer vite aux systèmes existants. Sur les marchés en rattrapage, l’enjeu consiste à déployer sans alourdir les coûts d’exploitation. Dans les deux cas, l’éditeur est jugé sur le même critère : la fiabilité en production ✅. Insight final : la promesse “plateforme” n’a de valeur que si l’exécution tient sur la durée.

Formé en journalisme à Montréal, il couvre l’actualité des affaires et des marchés depuis une quinzaine d’années. Il a collaboré avec plusieurs publications économiques canadiennes avant de se consacrer à l’analyse stratégique et managériale. Passionné par les chiffres autant que par les décisions humaines derrière les entreprises.